Comment créer une idée disruptive

Découvrez la vidéo extraite de notre nouveau site Big Idea, dédié à l’innovation de business models.

En économie, la disruption désigne le bouleversement d’un marché sur lequel les positions sont établies avec une stratégie inédite.

Théorisé dans les années 1990, le terme émerge dans les années 2010, alors que les nouvelles technologies facilitent son développement.

Émergence dans les années 2010

Le terme est tout particulièrement utilisé dans les années 2010, en particulier durant leur 2e moitié : Thomas Schauder, professeur de philosophie, relève en 2018 que « ce terme est devenu, en très peu de temps, banal, alors même qu’il relevait auparavant d’un champ lexical très précis : celui du marketing »5. La disruption apparaît alors comme une règle majeure de l’économie à travers les succès des véhicules de tourisme avec chauffeur (VTC), en particulier d’Uber, des plates-formes d’hébergement à domicile comme Airbnb, du financement participatif ou encore du Bitcoin6. Clayton M. Christensen souligne qu’elle est alors facilitée par les nouvelles technologies : « Depuis vingt ans, la finance a eu pour seule obsession de maximiser le rendement du capital à court terme. L’argent n’est donc pas allé vers les projets les plus risqués. Aujourd’hui, le coût de capital n’a jamais été aussi bas. Le capital abonde et va se diriger désormais vers les projets les plus prometteurs à long terme »1. Il estime cependant qu’Uber ne relève pas vraiment du modèle disruptif4.

Marc Mousli, enseignant et consultant, indique en 2015 que « beaucoup de commentateurs voient dans ce terme un simple anglicisme pour « innovation de rupture », l’innovation qui change radicalement un processus, voire le marché, lorsqu’elle apparaît. En fait, c’est quelque chose de nouveau, et la popularité du mot tient sans doute à l’effroi que les innovations disruptives inspirent aux acteurs en place, bien installés et se faisant concurrence selon un « art de la guerre » dont tous connaissent parfaitement les règles. » Il cite « l’irruption du low-cost dans le transport aérien » comme « un cas déjà ancien de disruption »2. Thomas Schauder explique le succès du terme par le processus « purement positif » qu’il désigne, au contraire des « mots « rupture » (même racine latine : rumpere), « fracture » ou encore « perturbation », qu’il « remplace désormais presque systématiquement » : « L’idée de « disruption » s’appuie ainsi sur un postulat (un point de départ jamais interrogé) selon lequel l’innovation, la nouveauté, le changement sont positifs en soi, et que tout ce qui vient « brider » ce changement est affreux, irrationnel et coupable. D’ailleurs, le changement ne relève pas d’une décision, mais d’un phénomène aussi nécessaire que les lois de la nature. Il s’agit donc bien plutôt « d’accompagner » ce changement que d’essayer de le freiner ou de l’orienter »5.

Le Monde relève en 2017 que « la disruption reste malgré tout un thème d’investissement assez confidentiel, avec une vingtaine de fonds actuellement commercialisés en France »7.

Source Wikipedia